Né à Bologne dont il disait : « je suis né dans une ville remplie de mille portiques ... » mais frioulan par sa mère Pier Paolo Pasolini fut très attaché à Casarsa sa patrie maternelle qui contenait tout son imaginaire affectif. C’est dans le cimetière de cette ville qu’il y est enterré.
Les liens entre lui et sa mère et entre elle et le dialecte frioulane, sson séjour à Casarsa pendant la guerre et ses expériences avec l'"Academiuta de lenga furlana" (l'"Académie de la langue frioulane"), fondée en 1944 pour les recherches et la diffusion de la culture frioulane, lui poussa à exprimer un délicat et fantastique monde poétique, témoigné par nombreuses poèmes publiés sous le titre de "Poesie a Casarsa" (1941-43), et après réunis avec des autres poèmes dans "La meglio gioventù" ("La meilleure jeunesse") en 1954 (on aura la refonte de ces poèmes en 1975, avec le titre "La nuova gioventù" ["La nouvelle jeunesse"]).
À Rome, il est fasciné par la vie du sous-prolétariat de la banlieue et il réinvente le language de ces gens dans le roman "Ragazzi di vita" ("Les ragazzi"), 1955, et "Una vita violenta" ("Une vie violente"), 1959. L'originalité stilistique et du language de ces romans vont mettre l'auteur à l'attention du monde intellectuel, mais lui procurent aussi des ennuis judiciaires: dénonciations seront déposées pour un présumé contenu pornographique des romans; il y aura toutefois acquittement judiciaire.
Dans ce temps il se lie d'amitié avec Attilio Bertolucci, Carlo Emilio Gadda et Toti Scialoja.
En 1951 Pasolini sera aussi critique culturel dans des transmissions par radio.
En 1952 il sera l'auteur d'une anthologie de la poésie dialectale italienne du 20ème siècle ("Poesia dialettale del Novecento"), tandis que en 1955 il publie le "Canzoniere italiano", recueil de chants populaires italiens avec un important essai d'introduction sur les aspects linguistiques et semantiques des textes de ces chants.
Entre-temps, avec Leonetti, Roversi, Angelo Romanò e Gianni Scalia - et après Franco Fortini - il publie une revue littéraire, "Officina" que sortira du mois de mai du 1955 jusqu'en 1959; il écrira aussi – jusqu'en 1959 – des critiques littéraires pour la revue "Il Punto".
En 1957 paraît "Le ceneri di Gramsci" ("Les cendres de Gramsci"), un livre de poèmes, qui connais un grand succès soit de la critique soit des lecteurs.
Il écrit aussi, entre 1957 et 1961, onze scénarios pour le cinéma: en 1953 pour Mario Soldati, le scénario de "La donna del fiume" ("La femme du fleuve"); pour Giorgio Bassani, en 1955, le scénario de "Il prigioniero della montagna" ("Le prisonnier de la montagne"); pour Federico Fellini, en 1956, sa collaboration est pour les dialogues des "Le notti di Cabiria" ("Les nuits de Cabiria"); pour Florestano Vancini, en 1960, il écrit le scénario de "La lunga notte del '43".
En 1960 il traduit en Italien l'"Orestiade" ("Orestie") d'Eschyle; il travaille aussi à son premier film: "Accattone", qui sera présenté en septembre du 1961 à la Biennale de Venezia.
L'année suivante Pasolini tourne "Mamma Roma" avec Anna Magnani : La première représentation à la Biennale de Venezia est suivie d'une dénonciation pour pornographie. En 1963 il tourne "La ricotta, épisode de "RoGoPaG où participent les metteurs en scène Roberto Rossellini, Jean-Luc Godard et Ugo Gregoretti: le film sera dénoncié pour "outrage à la religion d'état".
En 1963 Pasolini présente aussi "La rabbia" ("La rage"), 1ère partie, un film composé par documents d'archives d'actualité.
En 1964 Pasolini présente à la Biennale de Venezia "Il Vangelo secondo Matteo" (L'Evangile selon Saint Matthieu"), tournée dans le Sud d'Italie après d'avoir vu des lieux "possibles" pour le tournage en Palestine (le matériel documentaire sera rassemblé dans "Sopralluoghi in Palestina per il Vangelo secondo Matteo").
Aussi en 1964 Pasolini tourne un documentaire (commenté par lui même - et par sa voix) sur la coutume des Italiens en thème d'amour, "Comizi d'amore".
Dès 1955 Pasolini avait fait la connaissance d'Elsa Morante et d'Alberto Moravia: maintenant, avec Moravia, il est directeur de la revue "Nuovi Argomenti"; entre nombreux articles il écrit "Uccellacci e uccellini", qui, modifié, deviendra un nouveau film, tourné en 1965 dans les environs de Rome, avec Totò e Ninetto Davoli.
Pasolini, alité pour un mois par une maladie, en 1966 écrit six oeuvres dramatiques pour le théatre: "Orgia", "Porcile" (qui sera aussi un film, tourné en 1968-69) – publiées en 1968; "Calderón" (publiée en 1973); "Affabulazione", "Pilade", "Bestia da stile" (publiées posthumes en 1977).
Même en 1966 Pasolini tourne "La terra vista dalla luna" ("La terre vue de la lune"), épisode du film "Le streghe" ("Les sorcières"): les autres épisodes par Luchino Visconti, Mauro Bolognini et Vittorio De Sica. L'année suivante Pasolini tourne "Edipo re" ("Oedipe Roi"), de "Oedipe Roi" et "Oedipe à Colono" de Sophocle: le film est présenté à la Biennale de Venezia.
Le 1968 est l'année de la contestation des étudiants et du mouvement ouvrier: Pasolini prend une position critique envers les étudiants en déclarant que les agents de police sont les vrais "proletaires", pendant qu'eux – les étudiants – sont les fils de la bourgeoisie: ils sont donc les instruments du pouvoir. Il se brouille ainsi la gauche, qui à son tour ne ménage pas l'occasion d'ouvrir une querelle...
En 1968 Pasolini écrit pour "Nuovi Argomenti" le "Manifesto per un nuovo teatro".
Il tourne "La sequenza del fiore di carta" (épisode du film "Amore e rabbia" auquel participent aussi les metteurs en scène Carlo Lizzani, Bernardo Bertolucci, Jean-Luc Godard et Marco Bellocchio), "Appunti per un film sull'India", documentaire sur l'Inde produit par la Rai (Radiotélévision Italienne) et "Che cosa sono le nuvole?", avec Totò, Ninetto Davoli et la musique de Domenico Modugno.
Enfin, le 1968 est l'année de "Teorema" ("Théorème"), le livre et le film. "Teorema" est dénoncé pour obscénité et il y aura le procès et tout de suite un verdit d'acquittement.
Après, en 1969, Pasolini travaille aux films "Porcile" ("Porcherie") et "Medea" ("Médée"), ce dernier avec Maria Callas. L'année suivante il fera un voyage en Afrique avec Maria Callas, Alberto Moravia et Dacia Maraini.
Encore en 1970 Pasolini tourne "Decameron" (Décaméron" - d'après "Decameron" par Giovanni Boccaccio: après la première représentation, le film est dénoncé pour obscénité. Il réalise aussi – entre 1970 et 1971 – le court métrage "Le mura di Sana'a" dans la ville de Sana'a en Yémen du Nord, film qui constitue un appel à l'Unesco pour la préservation d'un héritage culturel et architectural de ce Pays.
Du 1971 est la publication du dernier recueil de poèmes de Pasolini, "Trasumanar e organizzar". Les titres des ses précédents livres de poèmes sont: "La religione del mio tempo" ("La religion de mon temps", 1961) et "Poesia in forma di rosa " ("Poésie en forme de rose", 1964).
À partir de septembre 1971 Pasolini tourne en Angleterre "I racconti di Canterbury", d'après "The Canterbury Tales" di Geoffrey Chaucer.
En 1972 est publié son livre "Empirismo eretico", essais sur la langue et le cinéma.
Pour le journal "Corriere della Sera", en 1973 Pasolini commence à rédiger des articles de fond (la parution en livre sera du 1975, sous le titre de "Scritti corsari" [Écrits corsaires]): la critique pasolinienne est sourtout réservée à des aspects du coutume et de la vie politique italienne.
Avec Dacia Maraini Pasolini écrit le scénario du film "Il fiore delle Mille e una notte": le tournage aura lieu durant l'été et l'automne du 1973 en Yémen, Iran, Ethiopie et Népal. En 1975 Pasolini tourne son dernier film, "Salò o le centoventi giornate di Sodoma" avec la collaboration pour le scénario de Sergio Citti.
Pasolini, en 1975, était aussi en train de travailler au son dernier roman, resté malheureusement inachevé, "Petrolio" ("Petrole"); ce roman a été publié en 1992 par l'editeur Einaudi. Beaucop des écrits, pendant les années, ont ensuite été publiés et plusieurs d'autres sont encore des inédits.
La vie du poète se tranche tragiquement le 2 novembre 1975 lorsque Pier Paolo Pasolini est tué à Ostia, près de Rome: coupable de l'assassinat se déclare un jeune homme de dix-sept ans: Pino Pelosi. Le procès de 1ère degré a sanctionné Pelosi "en concours avec des autres auteurs inconnus". Mais aucune enquête n'a pas été poursuivi... Les juges d'Appel ont renversé la sentence en déclarant comme coupable seulement Pino Pelosi; la Cour de Cassation, enfin, a confirmé la sentence d'Appel. Les circonstances de la mort de Pasolini n'ont toujours pas été éclaircies: même la participation des "inconnus", l'absence du mobile du crime, la disparition de quelques objets du lieu du crime ont suggéré aux juges un supplément d'enquête... (l'inquête a été réouverte - souvenez-vous !)
Pasolini repose aujourd'hui dans le pays qu'il a beaucoup aimé, sourtout pendant son enfance et sa jeunesse: Casarsa della Delizia.
L'Institut culturel organise un Hommage à Pasolini - pour plus d'infos et le programme cliquez ici !!



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