Fascinant cet Evangelisti.
Je termine "nous ne sommes rien ,soyons tout" totalement conquis par l'écrivain.
C'est un autre éclairage de la démocratie américaine qu'il nous livre là....A travers l'histoire d'Eddy Florio,pourriture extrême,il nous brosse un portrait des USA des années 20 à aujourd'hui sous l'angle des rapports entre syndicalisme,mafia et pouvoir.Eddie Florio-Lombardo est un petit truand italo-américain piteux qui se met au service des patrons et des bureaucrates syndicaux qui l’utilisent sans scrupule contre les communistes et les militants les plus combatifs.
Plusieurs decennies de luttes sociales y sont en contre-point dépeintes et l'on retrouve cette Amérique chère à Howard Zinn et qui tord le cou à l'image d'une classe ouvrière américaine embourgeoisée, apathique et conservatrice....
Dans l'Amérique troublée des années vingt, s'est développé un puissant mouvement syndical. Eddie Lombardo, jeune Italo-Américain d'abord tenté par le proxénétisme, entame une carrière de mouchard au service du patronat, désireux de conserver le contrôle des docks. Violent, totalement dépourvu de morale, Eddie - qui se fait appeler Florio pour rompre avec sa famille "communiste" - gravit rapidement les échelons. Maître ès chantage et extorsion, aussi doué pour déclencher une grève que pour y mettre fin, il n'hésite jamais à rendre "service" à ses puissants protecteurs mafieux, qui détournent à leur profit les luttes sociales. Mais avec la guerre, l'Amérique change, et le syndicat du crime avec elle. Eddie a beau avoir passé sa vie à étouffer les "rouges", le délire maccarthyste ne le sert pas. Devenu encombrant, il perd la confiance des parrains. Or dans ce monde-là, il ne faut jamais se retrouver seul...





