Le chef de la droite italienne Silvio Berlusconi a introduit mardi le thème ultra-sensible de l'avortement dès le début de la campagne pour les élections législatives dans le pays en reprenant à son compte l'idée d'une reconnaissance du droit à la vie "depuis sa conception".
Quelques heures plus tard, M. Berlusconi a nuancé ses propos en déclarant que ce sujet devait "rester en-dehors" de la campagne électorale.
"Je pense que la reconnaissance du droit à la vie de sa conception à la mort naturelle pourrait être un principe de l'ONU, comme pour le moratoire sur la peine de mort adopté après un long et difficile débat", avait déclaré M. Berlusconi cité mardi matin par les journaux qui reprenaient une brève déclaration faite par le candidat à un supplément culturel, Tempi.
Il y déclarait que "sur ce sujet, la règle de notre coalition politique est la liberté de conscience".
Les médias avaient donné un large écho à cette déclaration, y voyant l'ouverture de la chasse aux votes catholiques en vue des législatives anticipées des 13 et 14 avril.
L'idée d'un moratoire sur l'avortement, à l'exemple de celui sur la peine de mort soutenu par une résolution récente de l'ONU, a été lancée en Italie par le journaliste de droite Giuliano Ferrara et accueillie avec faveur par l'épiscopat.
Mardi soir cependant, lors de l'enregistrement de l'émission télévisée "Porta a porta", Silvio Berlusconi a nuancé ses propos en déclarant que l'avortement était "un thème qui devait rester en-dehors de cette compétition électorale" et que cette question "ne devait pas rentrer dans l'arène politique".
L'avortement est autorisé en Italie depuis 1978 mais l'Eglise catholique use régulièrement de son influence dans la classe politique et dans les milieux médicaux pour relancer le débat sur les conditions d'application de la loi.
La sénatrice Paola Binetti, appartenant au Parti démocrate de Walter Veltroni (gauche) et membre de l'Opus Dei, avait salué mardi dans le Corriere della Sera la prise de position de Silvio Berlusconi. "Il a dit au monde catholique qu'il ne faut pas avoir peur de lui et que la vie ne subira pas d'agressions de la part de son parti", s'était-elle félicitée.
Vendredi, une autre personnalité de gauche, la dirigeante radicale Emma Bonino, avait qualifié au contraire dans l'hebdomadaire L'Espresso la campagne pour un moratoire sur l'avortement de "cirque politique", dont "le seul objectif est de faire un croisade idéologique pour porter la division, particulièrement dans le centre-gauche".
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Pourquoi Paola Binetti ne va-t-elle pas avec Berlusconi ? Est-ce vraiment utile de garder de gens pareil dans le centre-gauche ?




