Roberto Saviano a mené une interview remarquable dans l'émission "On n'est pas couchés" de ce soir (samedi 25 avril... oui, je sais, on est déjà dimanche !). Il venait présenter un recueil de deux nouvelles :
"Il contrario della morte", paru avec le "Corriere della sera". (D'ailleurs, entre parenthèses, titre tiré de
"Carmela", magnifique chanson napolitaine de Sergio Bruni)
Il a pas reparlé de tous les sujets ayant trait à la mafia, à la corruption, à la main mise des organisations criminelles en général sur la vie italienne, au fait que l'Italie ne s'en sortira pas seule, mais davantage avec l'aide de l'Europe, etc.
Et par rapport à son livre, il expliquait formidablement bien (et j'ai trouvé que l'interprète rendait vraiment bien les émotions, au-delà des mots, en reprenant le ton-même qu'employait Saviano) que Naples et in extenso le sud de l'Italie étaient un peu comme le Maghreb, comme l'Afrique du nord : les gens, pris à la gorge financièrement, se retrouvent face à des choix tels que partir en guerre ou non. La référence a été faite, sur le plateau, à l'Algérie. Et dans le cas du protagoniste de la nouvelle , Gaetano, il s'agit de l'Afghanistan.
J'en viens au cœur du sujet (je voulais faire référence au post, un peu plus haut sur cette page, sur la corruption des banques). Un extrait de la nouvelle a été lu et il était question d'un banquier. Le banquier de Gaetano, qui lui avait toujours refusé quelque prêt que ce soit, est en fait un des premiers responsables de sa décision de partir en Afghanistan. En effet, la mission est très bien payée (sans parler du coût d'une vie humaine...) et le choix quasi inévitable, pour le personnage. La chose "amusante" est que tout le village de Gaetano pensait qu'il finirait par rentrer. Il était attendu comme un héros, avec des banderoles déjà préparées et même... son banquier parmi le comité d'accueil. C'est dire. Évidemment, Gaetano ne rentrera jamais (la chute du récit a été révélée, mais à juste titre, car ce n'est, au fond, pas cela qui ressort du récit).
Je parle de ce recueil comme si je l'avais lu, alors que pas du tout ! Mais l'interview a été si passionnée et si riche en explications diverses que je n'ai pas pu me retenir de venir écrire quelques mots ici, à vous, passionnés du sujet.
La vidéo doit être visible, dans la semaine, sur le site de l'émission (les plans sur le visage de Saviano sont aussi formidables).
Par contre, pas moyen de trouver "Il contrario della morte" sur les librairies italiennes online, donc je vais courir me l'acheter en français et essayer de me le faire dégoter en Italie, obligé !
Si certains en entendant parler outre-alpes, qu'ils fassent signe !