de julien » Mer Juin 07, 2006 3:06 pm
L'écrivain anglais D.H LAWRENCE (1885/1930) publia en 1930 (à compte d'auteur, car aucun éditeur en voulait) son roman "L'amant de lady Chatterley", peu avant de mourir donc. LAWRENCE très malade ett impuissant, était marié à une allemande au tempérament de feu, Frieda VON RICHTOFEN, avec laquelle il se trouvait, de 1920 à 1922, à Spotorno, près de Taormina (Sicile) dans l'espoir de se soigner de la tuberculeuse qui devait, quelques années plus tard, le mener à la tombe. C'est pendant cette période qu'il écrira son livre qui raconte la relation torride entre lady Costance, la femme d'un lord anglais (ce dernier paralysé à la suite de la guerre) et son garde-chasse, Oliver MELLORS. Les références autobiographiques sont évidentes.
Le journaliste italien Alberto BEVILACQUA raconte dans son ouvrage "Attraverso il tuo corpo" (éd. Mondadori, 2002), avoir identifié l'homme qui se cache derrière Olivier MELLORS : il s'agirait du lieutenant de carrière des Bersaglieri Angelo RAVAGLI (1891/1975) qui, à l'époque, se trouvait également à Spotorno avec sa femme, enseignante, et ses trois enfants. C'est la relation entre Frieda et ce dernier que LAWRENCE aurait donc décrit dans son roman. Effectivement, après la mort de l'écrivain, les deux amants partirent vivre au Mexique où ils se marièrent. Frieda mourra en 1956, après quoi Angelo revint en Italie auprès de sa première (et légitime) femme.
Toutefois, je précise aux forumeurs et plus particulièrement à Marcello, que cette hypothèse est réfutée par un autre écrivain italien, Gaetano SAGLIMBENI, auteur de "Lady Chatterley e il mulattiere" (éd. Armando Siciliano, 2005). Lui aussi affirme avoir identifié le mystérieux amant, mais en la personne d'un jeune muletier de 26 ans, solitaire et mélancolique (ce qui correspondrait davantage au caractère de Olivier MELLORS) qui, chaque jour, ammenait Frieda, avec son mulet, prendre le thé chez une dame anglaise des environs. Un jour, ils auraient été surpris en chemin par un orage, se seraient refugiés dans un abri... la suite on la devine.
Voilà donc en deux mots l'état des recherches sur le sujet. En ce qui me concerne, compte tenu de la personnalité de Frieda, je trouve que les deux hypothèses sont parfaitement compatibles...
Les commentaires vont bon train et ne sont pas toujours d'un goût exquit. On lit par exemple que LAWRENCE aurait écrit son roman pour se "venger" des infidelités de sa femme. En sommes-nous sûrs ? Je trouve l'explication un peu courte ; peu avant de mourir, LAWRENCE écrivait en effet à Angelo RAVAGLI une lettre qui fournit une autre explication, combien plus complexe :
"Attraverso il tuo corpo, amico mio, ho ritrovato l'ultima vita del mio corpo (...) e, attraverso il mio corpo, voi avete avete dato ai vostri corpi il senso di un Dio che è desiderio di amore."