Il ne faut pas passer à côté d'un grand évèvement littéraire, un livre qu'on peut aimer ou pas mais qu'il faut avoir lu, car il entrera dans l'histoire de la littérature italienne. Il s'agit de "Il cavallo rosso", d'Eugenio Corti, edizioni Ares, Milano, première édition 1983, 1280 pages, 24€ (on peut le commander à la "Tour de Babel"). Il existe en version française, mais si vous décidez de le lire en italien, sachiez qu'il s'agit d'une langue simple, classique et facilement compréhensible.
Voici le commentaire et le résumé par Jacques Robichez, professeur à la Sorbonne :
"Fin mai 1940.... Ainsi commence le premier chapitre de l'extraordinaire roman d'Eugenio Corti : pages toutes simples et, l'on ne sait comment, irrésistibles. Le lecteur est pris. Désormais, pendant onze cent pages et une quarantaine d'années, il restera en haleine et appartiendra, sans pouvoir s'en détacher, au petit monde de Nomana... La guerre... le romancier y entraine en même temps le lecteur avec une puissance d'évocation exceptionnelle... La retraite des divisions italiennes de Russie est évoquée dans des pages atroces, dignes de Guerre et Paix... Ainsi se découvre la signification universelle du roman, qui est véritablement le roman du siècle. Ce siècle a été livré au cavalier qui monte le Cheval Rouge de l'Apocalypse, il a repoussé Dieu, il a renié l'Evangile, il a été frappé en châtiment par les deux frères maudits, les deux fléaux de la haine et de la mort, communisme et nazisme."
Certains commentateurs n'ont pas hésité à le qualifier comme "le plus grand roman du XX° siècle" (Peter Milward). Les traductions se succèdent dans le monde entier et une adaptation à la télévision, en douze émissions, est à l'étude. Tout ceci est peut-être excessif, mais -si mon avis vous intéresse- après l'avoir lu avec enthousiasme (en dépit de ses 1200 pages), je vous confirme que c'est un grand roman, passionnant, déroutant par sa simplicité, un fresque immense de l'histoire d'Italie.
Il s'agit des histoires parallèles, émouvantes et tragiques, d'une poignée d'habitants d'un petit bourg de la Brianza (nord de Milan), depuis l'entrée en guerre de l'Italie en 1940, aux campagnes de Russie, Tunisie, Montecassino, jusqu'à la Résistance, la Libération, les années de la guerre froide et finalement le bien-être et la désertification industrielle des années 1970.
La démarche de l'auteur surprend : car il est profondement chrétien, pour être explicite, une véritable "grenouille de bénitier", et cette vision catholique voir passéiste du XX° siècle par moments, déroute. Les catholiques s'y retrouveront : les autres, écouteront avec intérêts la voix de ces millions d'italiens croyants et pratiquants qui, il faut bien le reconnaître, ont vécu depuis Manzoni à la marge du monde intellectuel.
Je suis prêt à dialoguer avec vous au sujet de ce grand roman qui pose quantité de questions d'ordre littéraire, historique, idéologique, religieux, politique. A vos claviers.




j'y cours, j'y vole! en plus je sais où en trouver des exorcistes!!!

